Vous ne vous êtes jamais demandés si vous méritiez le droit d'exister ? Ou même si la vie méritait d'être existée ? Puisqu'au final, selon Epicure, lorque l'on meure, on revient au stade initial d'avant la naissance : on ne souffre pas certes, mais on n'existe pas non plus. Plus de souvenirs, de pensées, de sentiments. Le néant. Epicure me fait peur ^^. Mourir ne me dérange pas, mais ce que cela engendre si car je ne sais pas ce qui se passera justement. Ces questions ont commencé à fusionner dans ma tête vers les 12 ans, après la mort de mon arrière grand-mère qui avait eu par chance une vie bien accomplie. Cet évènement me rappela l'épisode de ma vie le + marquant qui est la disparition de mon petit frère à mes 4 ans. A cette époque je ne m'étais pas rendue compte de ce qu'il s'était passé car j'avais la certitude de le revoir un jour. Cette certitude est une des parties de mon innocence juvénile. Donc à mes 12 ans, j'eus la conscience du monde et de la réalité désenchantée et désenchanteresse. Je me suis mise à me révolter contre tout et n'importe quoi, j'étais une paumée. Puis quand j'ai commencé à aller mieux au niveau de la révolte vers la fin de mes 15 ans, j'ai perdu mes 2 grand-mères la même année. Le coup de grâce. Mes racines et surtout celles de mes parents étaient enterrées. Alors après la révolte est venue la résignation, la tristesse. Les regrets viennent et fusent. Mais jamais refoulés, car une vie sans regrets est impossible. Comment ne pas avoir de regrets lorsqu'on a une conscience ?
Demain, mon petit frère aurait eu 16 ans. Depuis sa disparition ma foi en une quelconque divinité s'est envolée avec. Alors qu'on ne me dise pas que c'est Dieu qui les rappelle, parce que Dieu n'a pas besoin d'eux, c'est nous qui en avons besoin, et que notre heure n'arrive jamais à temps.
Dans le fond, mourir ne me dérange pas. C'est de voir les autres mourir qui me dérangent. Est-ce que contre cela il faut s'empêcher d'aimer ?Non.